Sport et altitude : à quoi s’attendre ?

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Vous avez sûrement déjà remarqué que sport et altitude était le mélange préféré de nombreux sportifs en stage de préparation, et peut-être avez-vous également connaissance que le sport en altitude peut s’avérer plus éprouvant pour le corps.

On vous a parlé d’histoire de concentration d’oxygène, de globules rouges etc… mais c’est encore flou pour vous ?

Des effets bénéfiques recherchés aux conséquences néfastes possibles, on vous dit tout sur le thème du sport et altitude !

Sport et altitude, à quoi s'attendre - Perf&it préparation physique professionnelle

Qu’est-ce qui change en altitude ?

Faisons simple, faisons bref !

Avant tout et sans surprise, sachez que la densité de l’air diminue avec l’altitude. Ceci résulte notamment d’une diminution de la concentration en eau et de la concentration en oxygène de l’air ambiant, les deux principales variables dont la baisse nous intéressent dans le cadre du sport en altitude.

Ces changements s’observent dès 1800 m d’altitude environ.

Ce qui en découle…

Conséquences de la réduction de la teneur en oxygène :

En altitude, le corps humain subit une réduction de son volume musculaire ayant pour but d’améliorer la capillarisation des fibres musculaires pour palier en partie à la diminution de concentration en oxygène (il y en a moins dans le sang, mais il est ainsi desservi plus rapidement, donc plus souvent).

De même, ce manque d’oxygène est compensé par une production accrue d’EPO, l’hormone érythropoïétine responsable de la production de globules rouges. Plus il y a de globules rouges, plus la quantité d’oxygène pouvant être transporté par litre de sang augmente.

Mais aussi …

Conséquences de la réduction de la teneur en eau :

Sport et altitude sont synonyme de déshydratation du fait de la réduction de la concentration de l’air en eau.
L’air respiré est en effet plus sec, et le corps doit l’humidifier .
De plus, les températures plus basses en altitude entraîne parfois une moindre sensation de soif, contribuant d’autant plus à cette déshydratation.

De cette déshydratation découle alors un volume sanguin moindre, débouchant à son tour sur une augmentation de la fréquence cardiaque.
En effet, si chaque battement de cœur se retrouve à éjecter moins de sang (volume sanguin amoindri), le corps décide alors de le faire battre plus souvent pour maintenir la quantité de sang en transit à son niveau habituel.

Autres conséquences de l’altitude :

Par ailleurs, l’altitude accentue l’activité du système orthosympathique engendrant une plus forte consommation des sucres (glucoses et glycogène) comme source d’énergie.

Enfin, le sommeil est perturbé, l’altitude rallongeant les phases de sommeil superficiel au dépend du sommeil profond.

Quid du mariage sport et altitude alors ?

Sport et altitude : les avantages

Le principal bénéfice recherché par la pratique d’un sport en altitude en préparation d’une compétition est l’augmentation du nombre de globules rouges via la synthèse d’EPO.

Les sportifs d’endurance sont les premiers concernés.
Ce surcroît d’EPO demeure 10 à 15 jours après le retour à altitude plus basse, c’est pourquoi beaucoup de stage d’entraînement en altitude s’organisent de sorte à prendre fin environ une semaine avant une compétition.

Attention cependant à ne pas croire aux miracles : les taux d’hormone érythropoïétine grimpent rapidement avec l’altitude (en 48h) mais subissent ensuite un plateau (voire une régression).
Inutile de pousser votre séjour au-delà de 3 semaines, plus aucune amélioration n’est attendue passé ce délai.

Sport et altitude, voyons le revers de la médaille…

Sport et altitude : les dangers

La diminution de la masse musculaire observée à des fins de capillarisation peut s’avérer dangereuse du fait qu’elle affaiblit le corps et sa résistance aux agressions extérieures.

De même, gare aux hypoglycémie en montagne, la diminution de l’appétit couplée à la dégradation accrue du glucose et du glycogène favorisant la fringale.
N’hésitez pas à manger des aliments sucrés et riches en énergie.
A défaut, votre corps puisera l’énergie dont il a besoin en dégradant d’autant plus vos muscles pour utiliser les acides aminés qui les compose, accélérant la fonte musculaire et la baisse de l’immunité … vous voyez le cercle vicieux ?

Autre méandre du sport et altitude :

La déshydratation présente bien évidemment aussi des désagréments…

D’abord parce qu’elle entraîne une baisse de performance, l’eau jouant un rôle prépondérant dans la contraction musculaire et la création d’ATP.

Ensuite parce-que l’augmentation de fréquence cardiaque qu’elle induit peut conduire certains sujets au malaise cardiaque !

Et ce n’est pas tout !

Enfin, parmi les principaux risques du mélange sport et altitude se trouvent l’ensemble des symptômes du MAM (Mal Aïgu des Montagnes) : maux de tête, nausées, vomissements, palpitation, bourdonnement dans les oreilles, vertiges, insomnies ou pire, œdème pulmonaire ou œdème cérébral.
Autant de signe qui – s’ils ne sont pas pris en compte et traités à temps – peuvent entraîner la mort.

Conclusion.

Ainsi, ne vous lancez JAMAIS dans un stage en altitude sans consultation de votre médecin, sans préparation préalable et sans plan d’action (plan sportif, plan alimentaire, organisation de votre séjour dans ses moindres détails …).
Ne cherchez pas le “toujours plus”, au-delà de 5500 m d’altitude plus aucune acclimatation ne se fait et le corps se consume à petit feu.
Documentez-vous, préparez-vous, et amusez-vous 🙂