Interview : Métier de Préparateur Physique

0 Flares 0 Flares ×

 

Le 30/01/2017 :

 

Métier de  Préparateur Physique

Pour une meilleure proximité au terrain, les contenus d’enseignements instaurés en STAPS ont été réformé. Une nouvelle unité d’enseignement prend forme.

Il s’agit du « Projet professionnel personnalisé »

Le STAPS de Grenoble à interviewé Manuel DESSALCES, préparateur physique

 

  • Quels sont vos principaux objectifs et principales missions ?

“En tant que Préparateur physique, ma mission est de mettre le sportif dans la meilleure condition physique qui soit pour la réalisation de sa/ses performance(s). Elle se divise alors en plusieurs missions selon le profil du sportif et le projet sportif de la structure ou il évolue : Construire de bonnes bases de mobilité, stabilité et posture chez les jeunes en Rubgy, rendre les combattants plus forts, rapide ou lourd en MMA, ou encore répondre à une demande précise pour les clients particuliers (augmenter l’endurance, revenir d’une blessure…) Tout ça se divise à nouveau en actes concrets : prise en compte de l’échéance (compétition ou match), programmation, création et animation des séances, ajustement de la planification etc.…
En coaching sportif santé auprès de particuliers et d’entreprise c’est purement du service à la personne selon la demande du client. ”

  • Travaillez-vous individuellement ou en équipe ?

” Je suis indépendant donc on pourrait dire individuellement du point de vue du statut. Mais en préparation physique, j’interviens auprès de deux structures professionnelles au sein desquelles mon travail ne s’envisage pas sans la participation de l’ensemble du staff technique : Directeur Technique et Sportif, Entraineurs, Managers et Agents, Ostéopathes, Kinésithérapeute, Médecins…
Pour la partie préparation physique, j’agis seul en MMA. Au Rugby je débute l’encadrement d’un stagiaire qui va m’aider dans l’animation des séances, je reste responsable du travail de planification en amont et en aval.
Pour la partie coaching santé, je suis aussi indépendant puisqu’il s’agit de la même entreprise : Perf&fit, via laquelle je facture (http://perf-and-fit.com).
Je ne suis cependant pas seul. Je suis le Manager de l’entreprise et Head Coach puisque j’interviens moi-même sur certains coachings. J’envoie également des coachs que je rémunère selon les demandes des clients.
Enfin et surtout, j’ai le soutien énorme de Pauline, ma compagne et la Responsable Administrative et chargée de Communication de l’entreprise. Elle assure la maintenance du site internet en pleine refonte, elle est l’interface entre les coachs et moi-même, les clients, les partenaires et les médias. Elle veille à la communication sur les réseaux sociaux. ”

  • Quelles sont vos horaires ?

“Ils sont totalement variables dans le sens ou je me plie aux volontés du client.
Lorsque celui-ci est un particulier, les changements sont courants et les annulations peuvent venir du  client ou de moi-même. Même si les créneaux sont définis dès la signature du contrat, le côté humain demeure notre priorité envers les particuliers et c’est normal ! Ca permet aussi d’ajuster les plannings selon les besoins et de prendre en compte les absences pour les fêtes de fin d’année, les vacances etc.…
Lorsqu’il s’agit d’entreprises ou de club professionnels, les horaires définis à la signature du contrat sont en général bien plus réguliers et fixes. Mais là encore, des modifications sont possibles.
Pour un rapide aperçu, et dans mon cas seulement, disons que je travail les matins, temps et midi et fin d’après-midi /soirée. J’ai des créneaux libres de 13 à 16H. Dans certains cas, comme pour une compétition dans un pays lointain, je dois aussi travailler de nuit pour que l’athlète que je prépare adopte un rythme de vie atténuant le Jet lag.
Des collègues à moi travaillent au contraire les après-midi, d’autres ont leur soirées libres etc.…
C’est au cas par cas selon les structures. Tout est étudié pour le confort du sportif et non le notre.”

  • Vous travaillez à l’intérieur ? à l’extérieur ?

“Les deux ! J J’ai un partenariat avec une salle pour emmener mes clients privés, et bientôt une seconde.
Pour les entreprises, c’est selon la demande.
Pour les clubs professionnels c’est l’objectif ou le thème de la séance qui détermine le lieu de l’entrainement, la logistique du club entre en compte (par exemple pour un travail de vitesse d’appui en Rugby, je prévois un entrainement en extérieur pour la spécificité des appuis sur sol meuble avec leurs crampons.”

  • Effectuez-vous des déplacements ? Si oui, en avez-vous beaucoup ?

“Oui, énormément ! J’habite à côté de Paris et me rends à Paris, à Cergy, à Massy, à Clamart… Rarement pour plus d’une heure ou deux avant d’enchainer ailleurs.
Quant aux déplacements plus longs, j’accompagne une des équipes de Rugby dont j’assure l’échauffement sur leurs lieux de match, en général les dimanches et sur toute la France.”

  • Est-ce une grande structure ? Il y a-t-il beaucoup de salariés ?

“Si vous évoquez mon entreprise, non c’est encore une petite entreprise mais elle évolue très vite. Aucun salarié mais des prestataires me facturant leurs services chaque fin de mois. Pour les structures sportives dans lesquelles j’interviens : Le club de MMA n’a qu’une poignée de salariés.
Le club de Rugby a davantage de salariés mais je ne sais combien. C’est surtout du personnel administratif. Tout comme moi, les hommes de terrain sont indépendants.
Dans ce métier, rares sont les salariés et si on le devient ce n’est qu’après plusieurs années dans la même structure. A priori, sauf si la situation en France change, un Préparateur Physique devra commencer en tant qu’indépendant.”

  • Quel est le niveau de responsabilité et d’autonomie dans votre métier ?

“Encore une fois, tout dépend des structures dans lesquelles on intervient.
Personnellement, j’ai beaucoup d’autonomie et pas mal de responsabilités. Dans mon entreprise, tout m’incombe évidemment, le bon comme le mauvais. Je le prends sur moi. Au MMA, le Directeur Sportif me donne les grandes lignes à l’arrivée d’un nouveau combattant ou lors d’un changement de Game plan du style « Combat le 17/01, reviens de blessures à la cheville ». Mais ensuite je vole de mes propres ailes. Au Rugby, nous avons des réunions de staff pour faire ressortir les objectifs principaux que doivent atteindre les joueurs en fin de saison ou en fin de tranche d’âge (sur 4 ans parfois). Ensuite à moi de composer avec.
Nous détenons l’avenir de notre sportif entre nos mains, c’est notre plus grande responsabilité. Une mauvaise planification entrainant fatigue et blessure peut mener à l’arrêt de la carrière du sportif. Tout comme un travail rigoureux et consciencieux le mènera, en coopération avec l’action des autres membres du staff, sur le podium.”

  • Quels sont les avantages de votre métier ? Quels en sont les inconvénients ?

“Le principal avantage est que je vie de ma passion ! S’ajoute à ca le plaisir du contact humain, c’est un véritable partage et des sportifs deviennent des amis. Le fait de ne pas être assis derrière un bureau à longueur de journée est un atout aussi. Et enfin, être à son compte présente l’avantage d’obtenir une certaine liberté.
En ce qui concerne les inconvénients, il faut savoir que ce métier demande énormément de temps et de capacité d’adaptation ! Pas de 35H ici…plutôt du 45-50H, et les weekends end en famille sont rares…tout comme les soirées. A un niveau supérieur, les voyages fréquents compliquent aussi la vie familiale. Dans mon cas, pour le moment je ne sors pas de la France pour accompagner mes sportifs mais je peux traverser tout le pays. De plus, le fait d’être indépendant présente beaucoup d’inconvénients : instabilité de revenus et de l’emploi, moindres cotisations (petite retraite, pas de chômage, pas de mutuelle…) Beaucoup d’heures de travail puisque nous sommes à la fois intervenant, gérant, comptable, secrétaire…du moins au début.”

  • Quel est votre parcours, votre formation ?

“J’ai effectué une Licence STAPS à Saint-Etienne incluant automatiquement ce que d’autres facultés placent comme une option à choisir en plus dans le cursus : la possibilité de faire pratiquer la musculation avec charges additionnelles à mes sportifs (option  « force » à choisir dans d’autres fac pour avoir cette possibilité). Concrètement ; celle-ci ajoute un certain nombre d’heure de musculation pratique et théorique à l’emploi du temps pour te faire valider une unité d’enseignement de plus. Ensuite j’ai effectué un Master en Préparation physique et Réathlétisation à Montpellier.
A cela s’ajoute un passé de sapeur pompier volontaire et donc des diplômes de secouriste et un état d’esprit apprécié du milieu. Quelques certificats par la suite (Pilates, Haltérophilie…)”

  • Qu’est ce qui vous à motiver pour vous dirigez dans le monde de la préparation physique? et plus particulièrement de choisir ce métier ?

“Lorsque j’étais en STAPS, je pensais passer une Licence pour pouvoir me présenter au concours externe de pompier professionnel de grade Lieutenant.
Au fur et à mesure des cours, j’ai découvert la préparation physique qui m’a séduit par sa précision scientifique, sa recherche de la performance optimale etc… D’où ce métier.”

  • Pourriez-vous donner le salaire que l’on peut percevoir en début et en fin de carrière ? Et une fourchette pour un salaire moyen ?

“Impossible malheureusement car c’est extrêmement variable d’une structure à une autre, d’une région à une autre, d’un niveau de pratique sportive à un autre…
De plus, comme évoqué plus haut, les revenus ne sont pas des salaires mais des revenus d’indépendant, avec de moindres cotisations obligeant à mettre en place un système d’épargne et soumis à des taxes professionnelles. Ce revenu peut aller du simple au double d’un client à l’autre. En moyenne sur Paris je suis à 60€ /H.”

  • Est-il possible d’avoir une amélioration de poste ?

“La encore ce métier est à part, ce n’est pas comme travailler dans une boite ou l’ancienneté te fait monter. Ici, les échelons se gravissent à l’acquisition de notoriété.
Une amélioration de poste serait donc la signature d’un contrat (ou l’embauche salariale) auprès d’une structure intervenant à plus haut niveau que celle d’avant.
Ça peut aussi être de devenir coordinateur des Préparateurs Physiques et non plus « simple » Préparateur Physique, ou bien que le club ou tu interviens monte d’un niveau… En tout cas rien de fixe… et il faut dans les trois cas que le travail paie et soit reconnu comme qualitatif.”

  • Quel est le rapport offre/demande en ce moment ?

“Beaucoup plus de demande que d’offre. Travailler en tant que Préparateur Physique est une chance en soi. Pour le coaching santé c’est l’inverse, beaucoup de demandes. C’est pourquoi nombre de charlatans arrivent à avoir des clients.”

  • Quels sont les habiletés, compétences qu’il faudrait pour faire ce métier ?

“Rigueur, dévouement, sociabilité, organisation, créativité, mais avant tout il faut être passionné.”

  • Quels étaient vos centres d’intérêt qui vous ont permis de vous diriger vers ce métier ?

“Immanquablement le sport, les sciences, mais aussi l’humain, l’action en équipe où chacun apporte une pièce du puzzle final qu’est le sportif dans toutes ses dimensions (physique, psychologique, technique…)”

  • Avez-vous des avantages sociaux ?

“Clairement aucun. Aux listes précédentes j’ajouterai pas de congés paternité, pas d’arrêt maladie ni de congés payés. Chaque jour non travaillé n’est pas rémunéré d’où l’importance de mettre de côté ou de souscrire à des assurances, mutuelles et caisses privées.”

  • Avec votre diplôme avez-vous eu l’occasion de faire un autre métier ?

“Actuellement, j’ai des opportunités d’intervention en tant que formateur mais pour l’instant je ne considère pas avoir assez d’expérience professionnelle pour cela ; ni être assez âgé par rapport aux étudiants !”

  • Quelles sont les connaissances indispensables à avoir ?

“Même si ce sont des matières souvent haïes des étudiants, chaque module étudié en STAPS a son importance et son impact. Au premier plan les connaissances anatomiques, physiologiques et biomécaniques, au second plan il faut étudier le sport dans lequel on va intervenir sous tous ses angles via une analyse de l’activité exhaustive, car on peut intervenir dans un sport n’étant pas celui pour lequel nous étions formés. Viennent ensuite les connaissances sur la sociologie du sport pour comprendre les normes de fonctionnement de l’activité dans laquelle nous intervenons. Et enfin, dans une moindre mesure, l’histoire du sport m’a parfois été utile.”