Le travail de la vitesse en préparation physique

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En préparation physique le travail de la vitesse tient une place importante dans de nombreux sports.

Souvent éclipsé par le travail de la force qui, en l’orientant bien, permettrait des gains de vitesse, le travail spécifique de vitesse revêt pourtant des intérêts indéniables.

Faisons le point !

Le travail de la vitesse en préparation physique - Perf&fit préparation physique professionnelle

1/ La vitesse, c’est quoi ?

La vitesse se définie en physique par le rapport entre la distance parcourue par un mobile et la durée nécessaire à ce déplacement.

En sport il s’avère cependant nécessaire d’inclure le temps de réaction dans la durée considérée par cette définition !

Lorsqu’on souhaite donc jouer sur la performance de nos sportifs, on peut définir la vitesse comme la qualité physique témoignant du rapport entre la distance parcourue (par un objet, un athlète, un membre…) et le temps écoulé depuis la perception du stimulus déclencheur jusqu’à la fin du mouvement qui en découle.

On peut alors déceler dans cette qualité physique trois sous facteurs :

  • Le temps de réaction : temps écoulé entre le stimulus déclencheur et le début de l’action provoquée par celui-ci.
  • La vitesse gestuelle (Zatsiorsky) : vitesse “mécanique” d’un mouvement donné et isolé.
  • La fréquence gestuelle (Zatsiorsky & Pradet) : vitesse d’enchaînement des mouvements isolés qui forment alors une séquence.

Pour agir spécifiquement sur la qualité physique vitesse, il faut donc agir sur ces déterminants.

Concrètement ?

2/ Exemple de travail

Le travail d’amélioration du temps de réaction s’avère complexe et doit rester spécifique à la discipline de votre sportif pour que les résultats soient au rendez-vous.

Comme tout entraînement, il se fait à base de répétition d’exercices de perception d’abord généraux (ex : ouvrir les yeux une fraction de seconde et annoncer le nombre d’objet perçus ou bien la position d’un objet précis, entendre divers sons confondus et lever la main lorsqu’un bruit de sifflet est perçu parmi tout ceux-ci etc …) pour ensuite devenir de plus en plus spécifique au sport (ex : en situation reproduite de compétition, perceptions spécifiques, réactions spécifiques demandées).

Vous trouverez un exemple de préparation perceptive visuelle à des fins d’amélioration du temps de réaction en handball dans ce mémoire : https://www.sci-sport.com/memoires/download/008.pdf

Voyons les autres axes de travail.

Le travail de la vitesse gestuelle dépend fortement de paramètres neuro-musculaires assurant l’efficacité de la contraction musculaire.

Autrement dit, pour travailler sa vitesse gestuelle votre sportif devra travailler tous les déterminants d’une contraction musculaire rapide et efficace : coordination inter et intra-musculaire, capacité à la pliométrie, typologie musculaire (part des fibres rapides dans le muscle) …

Concrètement, il s’agira donc ici d’effectuer un travail de musculation ciblée et le plus spécifique possible à l’athlète et à la discipline afin d’améliorer sa vitesse d’exécution du geste par l’amélioration de sa vitesse même de contraction musculaire.

Le travail de force maximale et de force vitesse est exploitable, tout comme un programme de pliométrie, en s’assurant de mettre en place un transfert vers l’activité.

A ce travail musculaire devra se joindre un travail technique du geste afin que les gains physiques et physiologiques engendrés ne soient pas bridés par la qualité technique et puissent s’exprimer et mener à l’amélioration de la vitesse gestuelle.

Dans tous les cas avant tout travail visant à améliorer la vitesse de contraction musculaire de votre sportif, nous vous invitons à vous pencher sur les travaux de JB MORIN quant aux profils force-vitesse afin de déterminer les besoins réels de votre athlète en établissant son profil F-V.

Parlons maintenant du dernier axe de travail.

La fréquence gestuelle est quant à elle étroitement liée à la capacité du muscle non plus seulement à se contracter rapidement mais également à se relâcher tout aussi vite !

En effet afin d’enchaîner des tâches de la façon la plus rapide possible, il est nécessaire que chaque mouvement unique puisse s’estomper rapidement pour laisser place au mouvement unique suivant.

Ici pas de secret, il va vous falloir mettre en place de la répétition de tâches en décomposant d’abord les mouvements les plus complexes en gammes de bases (montées de genoux, levés de bras etc …) que vous ré-associerez une fois la fréquence gestuelle de chacune améliorée.

Et voilà.

Bon entraînement !