Les courbatures sont-elles indispensables pour progresser ?

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Le mois de septembre sonne le glas de la rentrée sportive pour nombre d’entre vous.
Ni une ni deux, voici que les courbatures s’invitent au rendez-vous !

Alors que vous prenez l’ascenseur au travail pour éviter les escaliers, trop éprouvants pour vos jambes si douloureuses, vos collègues vous félicitent à coup de “c’est bien, si tu as des courbatures c’est le signe que tu t’es bien entraîné” !

Sont-elles vraiment le signe d’un entraînement efficace et gage de progrès ?
Et s’il n’y a pas de courbatures, progresse-t-on ?

Faisons le point.

Les courbatures : sont-elles indispensables pour progresser ?

1/ D’où viennent ces douleurs ?

Non, la diminution du pH et l’accumulation de lactates n’y sont pour rien, pas plus que “l’acide lactique” longtemps pointé du doigts mais qui n’existe pas (mais c’est un autre sujet).

Les courbatures sont la résultante de micro-lésions des fibres musculaires apparues lors d’un effort intense ou inhabituel.
Autrement dit, un effort éprouvant pour le corps peut engendrer de toutes petites fissures des tissus les plus vieux ou les moins résistants.
Parmi les efforts susceptibles de les provoquer on trouve :

  • Les efforts intenses
  • Les efforts inhabituels, incluant la reprise d’activité après un arrêt du sport
  • Les faux mouvements et mouvements réflexes soudain

Mais précisons-en la source :

Plus que les micro-fissures en elles-même, c’est la réaction inflammatoire mise en place par l’organisme pour réparer les dégâts qui causerait les douleurs ressenties.

Et combien de temps met une réaction inflammatoire pour se mettre en place ?
12h à 48h, tout comme les courbatures dont le nom scientifique est “Delayed Onset Muscle Soreness” (DOMS), comprenez “Douleurs Musculaires Retardées”.

Sachant cela, les DOMS sont-elles indispensables ?

2/ Les courbatures sont-elles indispensables pour progresser ?

La réponse est NON.

Certes les courbatures témoignent de lésions donc de contraintes subies par les muscles.
Ce sont ces contraintes qui engendrent des adaptations, donc de la progression (notez donc ici qu’un entraînement sans contrainte n’engendrera pas d’adaptations du système. Ex : 1h00 de vélo d’appartement sans résistance avec le nez dans le téléphone).

Par succession logique, la présence de ces douleurs post-effort peut donc confirmer que l’entraînement subi était suffisamment intense.

MAIS

  • Avec l’habitude, un effort intense ne provoque pas forcément de courbatures mais demeure pourtant aussi stressant pour l’organisme qui mettra en place les même adaptations en vue de progresser.

    Les courbatures ne sont donc pas indispensables à la progression.
  • Comme énoncé précédemment, elles peuvent résulter de faux mouvements, mouvements brusques et compensations.
    Dans ce cas, “courbatures” est synonyme de mauvaise application de votre entraînement et de risque de blessure.

    Les courbatures ne sont donc pas gage d’entraînement efficace.

Les courbatures sont donc un signe de lésions des fibres musculaires qu’on ne peut corréler à une progression.
Au mieux, elles confirment que l’entraînement a été intense sans en être une condition, au pire elles indiquent une mauvaise pratique sportive.

Pour conclure.

Par ailleurs, il est déconseillé de s’entraîner par dessus des courbatures.
En effet, leur présence s’accompagne d’une perte temporaire de capacité contractile du muscle et d’une diminution de la proprioception, deux éléments diminuant l’efficacité d’un entraînement et augmentant le risque de blessure…

Ne cherchez donc plus à avoir des courbatures, chercher à ne plus en avoir (pour une même intensité de pratique).
Lorsque cela arrivera, c’est que vous serez dorénavant en mesure d’encaisser une haute intensité de travail sans engendrer de lésions : vous aurez progressé !